26.10.2003
Extrait de « Sagesse d’un pauvre », d’Eloi Leclerc
Ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le cœur pur.
Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encoure un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. (...)
Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude. Notre néant (...), s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme. Contempler la gloire de Dieu, (...) découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cœurs. C’est cela avoir le cœur pur.
Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant. Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aigüe de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il abandonne tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu.
09:42 Écrit par yeshe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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Commentaires
merci merci pour ce texte qui reveille notre coeur afin de s'ffine a l'etat de purete
merci
Écrit par : lienard | 07.05.2006
confusion Dommage ce mélange des genres sur ce site. On a tous bien du mal à s'y retrouver avec l'existence. faut-il encore embrouiller nos esprits avec une mosaïque d'éléments qui dessinent non l'harmonie l'esprit humain mais sa confusion originelle. Alors que le message du Christ, travaillé et bien saisi peut être si clair. Mais bien sûr, comme pour un problème de maths, il faut un jour s'assoir et se prendre l'esprut le corps et la tête ...
Écrit par : totus | 12.10.2008
super Difficile de trouver plus beau ! .. C'est mon livre de chevet ...Oui , la pureté du coeur ...c'est une richesse à demander au Seigneur .. A partir de là...le reste s'enchaîne : liberté, dépouillement , etc ... A lire, lire ..relire .... et essayer de le vivre un peu !... Claudine
Écrit par : claudine | 02.04.2010
C'est également un de mes livres de chevet: superbe dans le fond bien sûr mais aussi dans la forme. Un autre livre magnifique dans le même style, et sans doute "mon" livre de chevet que je conseille: "L'homme qui marche"de Christian Bobin.
Écrit par : pascal | 18.09.2011
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